DR David Elia DR David Elia

Fétichistes : nous le sommes tous, Fétichistes : nous le sommes tous, un peu, quelque part… Dans le domaine de la sexualité au sein d'un couple, le fantasme et l'imaginaire jouent un rôle important. La sexualité ne se manifeste pas seulement à travers la relation génitale entre un homme et une femme (ou de deux partenaires du même sexe). Elle s'exprime aussi à travers différentes formes de jeux, dont le fétichisme fait partie. Celui qui porte sur la lingerie est un des mieux partagé.

La définition la plus académique définit le fétichisme comme " l'utilisation préférentielle, voire exclusive, d'objets inanimés, en général vestimentaires (lingerie féminine par exemple), plus rarement des parties du corps humain (ongles vernis, chevelure), afin de pouvoir obtenir une excitation sexuelle. Selon les cas, le fétiche peut être l'objet unique de la relation sexuelle ou être intégré à une relation avec le partenaire. "

Tous sommes tous un peu fétichistes quelque part…
Telle femme recherche toute sa vie des hommes dépourvus de pilosité thoracique, tel homme ne tombe amoureux que de femmes plus âgées que lui, tel autre, ne désire que les femmes rondes à la poitrine opulente ou aux yeux bleus. Chacun à sa facon manifeste une forme de fétichisme qui le pousse à orienter ses choix sexuels en fonction d'une caractéristique physique ou psychologique particulière. Mais l'éventail des fétichisations possibles ne se limite pas à ses deux composantes.

Les différentes catégories de fétichisme

D'abord analysé sous un angle " médico-légal ", le fétichisme, interprété initialement comme une déviation sexuelle, a été classé en 5 catégories. Il existe ainsi des formes de fétichisme portant sur une partie du corps (seins, fesses, pieds…), sur une particularité physique (absence de pilosité, yeux bleus, femme enceinte), sur un objet (sous-vêtements, chaussures…), sur une action (raser les parties génitales) ou une qualité psychique (femme hautaine, homme autoritaire…).

Le fétichisme " normale "

Aujourd'hui, les catégories de fétichismes demeurent mais le regard a évidemment bien changé. Une certaine forme de fétichisme fait partie de toute sexualité et ce qui compte n'est pas tant sa nature, que la facon dont elle s'intègre dans la relation. Et en la matière, et pour tout ce qui concerne la vie sexuelle, les sexologues David Elia et Jacques Waynberg rappellent avec pertinence : " Un seul principe s'impose : tout est permis dans le respect de la liberté de l'autre. " Au travers des exemples cités, on comprend d'ailleurs bien que le fétichisme en soi n'est en rien une déviation sexuelle. Au contraire, il contribue à la magie de la séduction et doit donc être considéré comme parfaitement normal et même inhérent à toute vie sexuelle.

Le fétichisme fantaisie

A un autre degré, pour certains, le fétichisme devient une véritable fantaisie lorsque la présence de l'objet fétichisé est nécessaire, à l'homme par exemple pour obtenir une érection, à la femme, pour atteindre l'orgasme. Ainsi en est-il de celui qui ne fait (et ne peut faire) l'amour avec une femme que si elle porte un slip tiré par un porte-jarretelles. Mais le plus souvent, l'objet fétichisé alimente l'excitation de l'un ou de l'autre sans pour autant être indispensable à toute relation sexuelle.

Le fétichisme " perversité "

Il en est autrement de celui qui fait passer son fétiche avant la personne. Autrement dit, il sexualise le fétiche et le sujet est pris quant à lui pour un objet, support de ce fétiche. Un exemple, peut être la fétichisation par un homme d'une paire de seins. Les seins deviennent objets sexuels et la femme n'existe plus à ses yeux ; elle n'est qu'un vulgaire support de ces seins ! Dans cette situation de fétichisme pervers, le fétichiste n'a accès à sa sexualité que dans cette situation et en dehors d'elle, il n'est capable d'aucun désir, d'aucune érection. Il lui reste alors le recours possible à la masturbation, tout en fantasmant sur la personne réelle ou imaginaire, porteuse de ces attributs.